Mahamoud Ali Youssouf semble être bien conscient des défis qui l’attendent, comme en témoigne la joie sur son visage lorsqu’il a été élu à ce poste. Diplomate de carrière, il est ministre des Affaires étrangères de Djibouti depuis 2005.Sa longévité à ce poste, dans ce petit pays de la Corne de l’Afrique, mais au positionnement stratégique croissant, lui a permis de se forger une réputation de technocrate et de se préparer à relever les nombreux défis qui se présentent à lui.
Le premier de ces défis est la résolution de la crise à l’est de la République Démocratique du Congo. L’Union Africaine, jugée passive et incapable d’apporter des solutions concrètes pour mettre fin à la guerre, devra, sous la direction d’Ali Youssouf, abandonner les processus de paix moribonds de Luanda et de Nairobi et adopter une approche plus proactive.
Un autre dossier majeur sera la situation au Soudan, où le conflit entre l’armée régulière et les forces de soutien rapide a provoqué la pire crise humanitaire mondiale. Avec 12 millions de déplacés, 431 000 enfants souffrant de malnutrition et 24 millions de personnes confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire d’ici mai prochain, Ali Youssouf devra intervenir pour apporter une solution à cette crise.
Un autre enjeu important sur la table du nouveau président de la Commission est l’implémentation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Annoncée en mars 2018 à Kigali, la ZLECAF peine encore à se concrétiser. Les obstacles incluent les craintes liées à la réduction des recettes douanières pour les États, les barrières non tarifaires persistantes et les contradictions dues aux engagements commerciaux régionaux multiples. Pourtant, la ZLECAF représente un marché de 1,3 milliard de consommateurs, un PIB cumulé de 3400 milliards de dollars, une augmentation de la valeur ajoutée du secteur industriel de 1000 milliards de dollars et environ 14 millions d’emplois supplémentaires.
La question de la suspension de six pays membres de l’organisation, notamment le Gabon, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, reste également d’actualité.
Mahamoud Ali Youssouf prend les rênes de l’Union africaine dans une ère nouvelle pour la diplomatie continentale. En plus de la présidence du G20 cette année par l’Afrique du Sud, l’Union africaine dispose désormais d’un siège permanent et envisage également un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Pour l’aider dans sa tâche, Mahmoud Ali Youssouf pourra s’appuyer sur sa dauphine, l’Algérienne Selma Malika Addadi, également élue lors du week-end écoulé. Ensemble, ils forment un duo de diplomates chevronnés, rodés aux missions de l’Union Africaine.
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