Une visite jugée « provocatrice »
Dans un communiqué officiel, le Conseil de la nation, sous la présidence de Salah Goudjil, a dénoncé une « visite irresponsable, provocatrice et ostentatoire » de Gérard Larcher dans la ville de Laâyoune, située dans la partie du Sahara occidental contrôlée par le Maroc. En guise de protestation, la chambre haute algérienne a suspendu « immédiatement » ses relations avec le Sénat français, mettant fin au protocole de coopération parlementaire signé en 2015.
Le Sénat algérien considère ce déplacement comme « un acte inacceptable qui méprise la légitimité internationale et s’oppose aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ». Il accuse également Paris d’adopter une position qui reflète « la montée de l’extrême droite française et sa domination sur la scène politique ».
Un nouvel épisode dans la crise diplomatique franco-algérienne
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Algérie et la France. Depuis juillet dernier, les relations bilatérales se sont détériorées après que le président Emmanuel Macron a affiché son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine. Une prise de position qui avait immédiatement conduit Alger à rappeler son ambassadeur à Paris et à menacer de nouvelles représailles.
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est contrôlé à 80 % par le Maroc mais est considéré par l’ONU comme un territoire non autonome. Depuis un demi-siècle, le royaume y est opposé aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Après un cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU, les hostilités ont repris en novembre 2020.
Alors que les relations franco-algériennes étaient déjà sous haute tension, cette nouvelle crise pourrait encore fragiliser le dialogue entre les deux pays.
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