Jusqu’ici, Kinshasa refusait tout dialogue avec le Mouvement du 23 mars (M23), qualifiant ses combattants de « terroristes à la solde de Kigali ». Ce revirement stratégique marque donc une évolution majeure dans la gestion du conflit à l’est du pays, où les combats se sont intensifiés ces dernières semaines.
Une crise sécuritaire et humanitaire aggravée
Depuis janvier, le M23 a poursuivi son offensive fulgurante, s’emparant successivement de Goma, puis de Bukavu, deux villes stratégiques de l’est congolais. Face à l’incapacité des forces loyalistes à stopper leur avancée, la crise sécuritaire s’est muée en catastrophe humanitaire. Plus de 7 millions de personnes sont désormais déplacées, fuyant les combats et les exactions.
Dans ce contexte, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tiendra un sommet extraordinaire en visioconférence le 13 mars pour évaluer la situation en RDC. L’avenir de la mission militaire de la SADC, déployée après le départ des troupes de l’EAC, sera au cœur des discussions.
Un dialogue sous pression
L’initiative diplomatique de Luanda est-elle un premier pas vers la désescalade ou une solution imposée par la pression régionale ? Kinshasa a longtemps conditionné toute négociation au désarmement total du M23 et au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. De son côté, le M23 exige une intégration politique et militaire ainsi qu’un statut spécial pour les populations qu’il dit représenter.
L’Angola, qui joue un rôle d’intermédiaire clé, parviendra-t-il à briser l’impasse ? L’histoire des conflits dans l’est de la RDC montre que les accords politiques n’ont jamais suffi à instaurer une paix durable sans un véritable engagement sur le terrain.
Le 18 mars pourrait donc être un tournant décisif, à condition que les parties concernées aillent au-delà des postures diplomatiques pour enfin s’attaquer aux causes profondes du conflit.
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