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BURKINA FASO : 21 MILITAIRES GRACIÉS

Le chef de la junte burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a gracié 21 militaires condamnés pour leur implication dans le putsch manqué de septembre 2015, selon un décret signé le 24 mars et consulté lundi par l’AFP. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une loi d’amnistie promulguée en décembre 2024, visant à réintégrer certains condamnés au sein de l’armée pour renforcer la lutte contre le terrorisme.
mediaafriquenews Présidence du Faso

Une amnistie ciblée

Les graciés sont principalement d’anciens membres de l’ex-garde présidentielle, dont six officiers comme le capitaine Zoumbri Houssene et le lieutenant Compaoré Relwendé, ainsi qu’une quinzaine de sous-officiers et soldats. Condamnés en 2019 pour des chefs d’accusation allant de l’atteinte à la sûreté de l’État au meurtre et à la trahison, ils bénéficieront de cette grâce amnistiante à condition de s’engager activement dans la reconquête du territoire face aux groupes jihadistes.

Toutefois, les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, considérés comme les cerveaux du putsch et respectivement condamnés à 20 ans et 10 ans de prison, ne sont pas concernés par cette mesure.

Une réintégration sous conditions

Les militaires graciés seront réintégrés dans les rangs de l’armée, mais sans récupération de carrière ni indemnité, précise le décret. Ils ont jusqu’en juin 2025 pour formuler leur demande officielle. Cette décision s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu, où le Burkina Faso, sous la gouvernance militaire depuis septembre 2022, fait face à une insurrection jihadiste persistante depuis plus de dix ans.

Par ailleurs, en l’absence d’amnistie, le général Gilbert Diendéré a négocié le retour de son épouse, Fatoumata Diendéré, condamnée par contumace à 30 ans de prison et exilée au Togo. Selon une source sécuritaire, elle devrait regagner Ouagadougou par vol spécial.

Un putsch avorté qui a marqué l’histoire

Le 15 septembre 2015, des éléments de la garde présidentielle, dirigés par les généraux Diendéré et Bassolé, avaient tenté de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute de Blaise Compaoré. Ce dernier avait été évincé en octobre 2014, après 27 ans au pouvoir, par une insurrection populaire.

Le putsch avait été déjoué en douze jours grâce à la résistance des unités loyalistes de l’armée, faisant 14 morts et 270 blessés.

Au-delà des militaires graciés, le ministre de la Justice avait annoncé en décembre qu’environ 1.200 condamnés seraient amnistiés à partir du 1er janvier 2025, confirmant une volonté du régime de recomposer ses forces face aux défis sécuritaires.

Par Raissa Moubecka Pour MEDIA AFRIQUE NEWS
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