Un scrutin sous pression internationale
Sous pression de la communauté internationale, la junte s’était engagée à organiser un référendum et à céder le pouvoir à des civils élus avant fin 2024, un calendrier qui n’a pas été respecté. L’annonce de ce référendum a été faite mardi soir par le ministre secrétaire général de la présidence, le général Amara Camara, à la télévision publique.
Le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte, avait promis que 2025 serait une “année électorale cruciale” sans préciser de calendrier. Cependant, des proches du pouvoir militent pour une candidature de Doumbouya à la présidentielle, bien qu’il ait affirmé à plusieurs reprises qu’il ne se présenterait pas. La charte de transition interdit aux membres de la junte et du gouvernement de briguer un mandat électif, mais l’adoption d’une nouvelle Constitution pourrait lever cet obstacle.
Grâce pour l’ex-dictateur Moussa Dadis Camara
L’annonce du référendum intervient quatre jours après la grâce accordée à Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte (2008-2010), condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité après le massacre du 28 septembre 2009 à Conakry. Ce jour-là, au moins 156 personnes avaient été tuées et 109 femmes violées, selon un rapport de l’ONU.
Cette grâce, officiellement motivée par des raisons de santé, a suscité une vive indignation. Le Bureau des droits de l’Homme de l’ONU a dénoncé une décision qui devrait être “annulée”. La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et des ONG locales ont également fustigé une mesure illustrant “un mépris pour la justice et la lutte contre l’impunité”.
Un climat politique sous tension
Depuis plusieurs mois, la junte est critiquée pour son exercice autoritaire du pouvoir. Des opposants ont disparu, des manifestations sont interdites, et des médias ont été fermés. Malgré la promesse de lutte contre la corruption, l’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice pour écarter les voix dissidentes.
Ce référendum marquera-t-il une avancée vers une transition démocratique ou servira-t-il à consolider le pouvoir militaire ? La réponse dépendra des garanties offertes par la junte quant à la transparence du processus électoral.
© MEDIA AFRIQUE NEWS. All Rights Reserved. Design by DPL DIGITAL